SOUTIEN AU DOCTEUR DIDIER POUPARDIN

contre le rationnement des soins

Derniers évènements : le point avant l’importante réunion du Jeudi 6 Mai au Centre Jean Bécot à Vitry :

Le Docteur Didier POUPARDIN et les ordonnances bizones

Rappel : le Directeur de la CPAM du Val e Marne traduit le Docteur Poupardin devant le TASS de Créteil (Tribunal des Affaires de la Sécurité Sociale) le 20 mai 2010 pour « remboursement des soins dispensés du 1er Avril 2007 au 31 Mars 2008 à plusieurs assurés et imputés – selon la CPAM – à tort à des affections de longue durée ».

La somme réclamée est de 2612,41 euros. Il s’agit de la somme des tickets modérateurs des médicaments que  50 malades auraient du payer de leur poche ou par l’intermédiaire de leur mutuelle ou n’auraient peut-être pas achetés si le Docteur Poupardin avait inscrit ces médicaments sous la ligne horizontale des ordonnances bizones réservées aux malades pris en charge à 100% pour une Affection de Longue Durée (ALD).

Nouveauté : Le Dr POUPARDIN a reçu le 30 avril 2010 une lettre de la « Commission des Pénalités » de l’Assurance Maladie du Val de Marne, datée du 29 Avril 2010, qui propose au Directeur de la CPAM 94 de prononcer une pénalité de 3065 € (c’est-à-dire une sanction), évidemment en plus des 2612,41 € qu’il réclame devant le Tribunal.

Une réserve : le Directeur de la CPAM 94 peut aller jusqu’à 5367 euros de « pénalité » s’il le souhaite (voir la lettre ci-dessous). Il peut aussi bien sûr réduire la pénalité, voire la supprimer, ce qui n’est guère probable étant donné que c’est lui-même qui a convoqué la Commission  des pénalités.

C’est une somme de 5677 € (pénalité de 3065 euros plus les 2612 euros réclamés devant le Tribunal)  que le Docteur Poupardin  risque de devoir payer. Il peut aussi devoir payer 7989 euros (5637 euros de pénalités plus 2612 euros).

Voici le contenu de cette lettre :

Docteur,

La commission prévue à l’article L.162-1-14 du Code de la Sécurité Sociale, en formation médecins s’est réunie le 12 Mars 2010 pour examiner votre dossier dans le cadre du non respect de l’ordonnancier bizone.

Conformément aux règle de fonctionnement prévues aux articles L.162-1-14 et R.147-2 du Code de la Sécurité Sociale, vous trouverez ci-dessous l’avis de la   Commission vous concernant.

Dr Didier POUPARDIN

Suite à l’examen du dossier en application des dispositions des articles L.162-1-14 et R.147-7 du Code de la Sécurité Sociale et au regard des arguments invoqués, la Commission, après en avoir délibéré, considère que la matérialité des faits ainsi que la responsabilité de Monsieur le Docteur Didier POUPARDIN sont reconnues.

En conséquence, les membres de la commission ont émis l’avis de prononcer à l’encontre de Monsieur le Docteur Didier POUPARDIN une pénalité financière à hauteur de 3065 euros (montant maximal de la pénalité encourue 5364 euros).

Suite à l’avis consultatif de la Commission et en vertu de l’article R.147-2 du Code de la Sécurité Sociale, le Directeur Général de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie du Val de Marne vous fera part de sa décision par lettre recommandée.

Je vous prie d’agréer, Docteur l’assurance de ma considération distinguée.

La secrétaire de la Commission des Pénalités.

Cette lettre entraîne plusieurs questionnements  indépendamment du problème de fond des ordonnances bizones :

1°) La commission des pénalités a un fonctionnement anti-démocratique : elle se réunit  dans un premier temps en l’absence de l’intéressé et entend un rapporteur à charge, en l’occurrence ce jour là le représentant du MEDEF. Impossible pour le Dr POUPARDIN de connaître la teneur de ce rapport et donc impossible de répondre.

Dans un deuxième temps on introduit le médecin convoqué et la personne qui l’assiste (à l’exclusion de toute autre personne) et on leur pose quelques questions. Ensuite on le fait sortir et la séance se passe à nouveau à huis clos, le vote a lieu à bulletin secret. Comment est organisé ce vote ? D’où sort ce chiffre arbitraire de 3065 euros ? Combien de personnes se sont exprimées dans ce vote ? Rappelons que la Commission est  composée de un représentant du MEDEF, de trois représentants de syndicats médicaux (un du syndicat majoritaire CSMF et un du syndicat de généralistes MG FRANCE) et de trois représentants des syndicats de salariés (un de la CGT, un de la CFDT et un de FO). Il y a donc en tout sept personnes qui ont le droit de vote et qui à l’exception du représentant de MG France n’ont pas exprimé leur position quant à l’opportunité d’une pénalité. La Commission est composée aussi de trois représentants des employés de la CPAM, dont le Directeur ou un de ses représentants. Ces employés ont le droit de discuter mais n’ont pas le droit de vote.     

2°) Le fonctionnement des instances de la CPAM est complètement opaque : malgré plusieurs lettres recommandées du Dr POUPARDIN demandant la composition nominale du Conseil (ex-conseil d’Administration) de la CPAM 94 et de la Commission des Pénalités, il s’est heurté à un refus de réponse du Directeur de la CPAM 94. En ce qui concerne la Commission des Pénalités devant laquelle il était pourtant convoqué, il n’a pu connaître sa composition qu’en entrant dans la salle de cette Commission, l’empêchant ainsi de préparer une argumentation auprès de ses interlocuteurs.

Au fur et à mesure où elle transfère de plus en plus ses charges sur les assurés et sur les mutuelles privées, la CPAM adopte donc les méthodes du privé faites de dissimulation, d’opacité, de secret. Plus les déremboursements croissent, moins  la CPAM est accessible et transparente.

3°) Cette affaire s’inscrit évidemment dans le mouvement de contestation des médecins qui s’exprime en ce moment sur la question de la dévalorisation dans tous les domaines du métier de médecin de quartier :

  • honoraires conventionnés bloqués qui ouvrent la porte au développement de la médecine des dépassements et des refus de soigner les personnes en CMU ou en AME ;
  • Pressions des Caisses par voie de courriers, de presse, de publicité, pour robotiser les médecins et les inciter à appliquer avec des primes au mérite à l’appui. Ce sont les CAPI (Contrats d’Amélioration des Pratiques individuelles ) dont la signature par des médecins leur assure une prime annuelle très confortable s’ils se montrent obéissants aux consignes. Les objectifs sont parfois discutés mais toujours encore très discutables et toujours imposés.
  • Tracasseries incessantes des CPAM qui en résultent et qui découragent de plus en plus de médecins, notamment ceux qui sont en secteur 1 (conventionnés sans droit au dépassement), de continuer leur métier.

L’extension des déserts médicaux n’arrive pas par hasard maintenant et risque de s’étendre non seulement dans les zones rurales éloignées mais aussi en milieu urbain.

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3 mai 2010 - Posted by | ANNONCES

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